Pressothérapie : quels bienfaits pour ta récupération sportive ?

Portrait de Valentin Coutaz, fondateur du Recov Club

Article rédigé parValentin Coutaz

Fondateur du Recov Club • Sportif amateur

Sportive utilisant des bottes de pressothérapie pendant sa récupération

Née dans les services hospitaliers pour réduire certains gonflements, la pressothérapie s’est depuis largement démocratisée auprès des sportifs et du grand public, notamment grâce aux appareils utilisables à domicile.

Le principe est simple : des bottes gonflables composées de plusieurs compartiments qui se remplissent d’air les uns après les autres pour exercer une pression sur les membres inférieurs, du pied vers la cuisse. Ce mécanisme stimule la circulation sanguine et favorise le drainage lymphatique (la circulation de la lymphe, un liquide présent dans les tissus).¹ Il existe également des équipements adaptés à d’autres parties du corps, comme des manchons pour les bras.

Entre les promesses marketing sur l’élimination des toxines, la cellulite, l’effet détox, la rétention d’eau ou même la perte de poids, et les effets réellement observés, tout cela mérite d’être clarifié. Voici ce que la pressothérapie peut réellement apporter, que ce soit aux sportifs en récupération ou aux personnes souffrant de jambes lourdes.

Quels sont les principaux bienfaits de la pressothérapie ?

Dans le cadre de la récupération sportive, la pressothérapie agit surtout sur les sensations ressenties après l’effort et sur la circulation sanguine et lymphatique (la circulation de la lymphe, un liquide présent dans les tissus). Cette technique de compression pneumatique peut ainsi apporter plusieurs bienfaits au sportif, sans pour autant accélérer directement la réparation musculaire. On peut retenir cinq effets principaux :

  • Diminution de la perception des courbatures
  • Amélioration de la récupération perçue
  • Amélioration de la circulation veineuse
  • Sensation de confort et de relâchement
  • Réduction de certains œdèmes et du lymphœdème

Diminution de la perception des courbatures

Après un effort intense, la pressothérapie peut apporter un soulagement rapide chez certaines personnes en diminuant la douleur musculaire perçue, même si les résultats des études restent variables.⁴

Les courbatures apparaissent généralement dans les heures qui suivent un entraînement inhabituel ou particulièrement exigeant et peuvent persister plusieurs jours.

Il faut toutefois distinguer cette diminution de la douleur de la récupération physique des tissus. Se sentir moins courbaturé ne signifie pas que les fibres musculaires se réparent plus rapidement. La pressothérapie n’a pas démontré qu’elle permettait d’accélérer la cicatrisation d’une blessure ou la réparation musculaire.⁴

Amélioration de la récupération perçue

La pressothérapie peut également améliorer la sensation de récupération après l’effort chez certains sportifs. Certaines études rapportent notamment une diminution de la fatigue ressentie ou une meilleure perception globale de la récupération.⁴

Ce bénéfice reste avant tout subjectif : tu peux avoir la sensation d’avoir les jambes plus légères ou d’être davantage prêt à reprendre le sport, sans que cela se traduise nécessairement par une amélioration de la force, de la puissance ou de la performance lors de la séance suivante.⁴

Amélioration de la circulation veineuse

La pressothérapie peut stimuler la circulation et favoriser le retour veineux, ce qui peut notamment soulager la sensation de jambes lourdes.¹

Le fonctionnement est assez simple. Tes veines doivent faire remonter le sang des pieds jusqu’au cœur, contre la gravité. Pour y parvenir, elles s’appuient notamment sur :

  1. Les valvules : de petits clapets qui limitent le reflux du sang.
  2. La pompe musculaire du mollet : à chaque mouvement, la contraction musculaire exerce une pression sur les veines et facilite le retour du sang.

Lorsque tu restes longtemps assis ou debout sans bouger, ce système est moins sollicité et le sang peut davantage stagner dans les membres inférieurs.

Les bottes de pressothérapie reproduisent mécaniquement une partie de cette action. L’appareil envoie de l’air dans différentes chambres qui se gonflent successivement afin d’appliquer une pression progressive du pied vers la cuisse. Cette compression séquentielle favorise ainsi le retour veineux.¹

Si tu souffres d’insuffisance veineuse, de varices importantes ou d’une autre pathologie vasculaire, demande toutefois l’avis d’un professionnel de santé avant toute utilisation.¹˒³

Sensation de confort et de relâchement

Une séance de pressothérapie peut aussi procurer un effet relaxant après une journée chargée ou un entraînement particulièrement intense.

Tu es généralement allongé pendant que les bottes appliquent une compression douce et rythmée sur les jambes. La sensation peut rappeler celle d’un massage et offrir un véritable moment de confort.

Pour beaucoup de personnes, ce temps de pause fait également partie de la récupération : profite-en pour lire, écouter un podcast ou simplement décrocher quelques minutes.

Réduction de certains œdèmes et du lymphœdème

On quitte ici davantage le domaine de la récupération sportive pour entrer dans celui de la santé.

La pressothérapie peut aider à réduire certains œdèmes en favorisant le drainage des liquides accumulés dans les tissus.¹ Un œdème correspond justement à un gonflement provoqué par une accumulation de liquide, par exemple au niveau de la cheville ou de la jambe.

Le lymphœdème est une situation plus spécifique liée à un mauvais fonctionnement du système lymphatique. La compression pneumatique peut alors être utilisée en complément d’un traitement comprenant notamment compression, exercice, soins de la peau et, selon les besoins, drainage lymphatique manuel.²

Dans ce type d’indication médicale, le protocole, le niveau de pression et le dispositif utilisé doivent être adaptés à la personne avec l’accompagnement d’un médecin, d’un kinésithérapeute ou d’un autre professionnel de santé.²

Infographie présentant les cinq principaux bienfaits de la pressothérapie

Les 5 bienfaits de la pressothérapie résumés en une image

La pressothérapie améliore-t-elle vraiment la récupération sportive ?

Oui pour certains aspects du ressenti, mais beaucoup moins lorsqu’on parle de performance sportive pure.⁴

La pressothérapie peut t’aider à te sentir mieux après l’effort. En revanche, les données disponibles ne montrent pas qu’elle permette systématiquement d’améliorer la force, la puissance ou les performances lors de la séance suivante.⁴

Moins de courbatures et de jambes lourdes après l’effort

Après une sortie longue, un trail exigeant ou une grosse journée de vélo, tes jambes peuvent être gonflées, lourdes et douloureuses.

C’est dans ce contexte que la pressothérapie peut être la plus intéressante. En favorisant le retour veineux, elle peut limiter certaines sensations de gonflement après l’effort et réduire l’impression de lourdeur.

De nombreux sportifs d’endurance l’intègrent ainsi après leurs séances les plus exigeantes.

Un mythe mérite toutefois d’être corrigé : la pressothérapie ne sert pas à « éliminer l’acide lactique ». Le lactate produit pendant l’effort est éliminé relativement rapidement par l’organisme et n’est pas responsable des courbatures ressenties le lendemain.⁷

Aucun gain clairement démontré sur la performance sportive

Tu espères courir plus vite le lendemain grâce à tes bottes de pressothérapie ? Les résultats des recherches sont beaucoup plus nuancés.

Lorsque les chercheurs mesurent la force, la puissance ou les performances sur un contre-la-montre après une séance, les résultats restent souvent proches de ceux obtenus avec du repos classique.⁴˒⁶

Autrement dit, tes jambes peuvent te sembler plus fraîches sans pour autant être objectivement plus performantes.⁴

Cela ne veut pas dire que la méthode est inutile. Te sentir moins courbaturé peut t’aider à aborder la séance suivante avec davantage de confort et d’envie.

Que disent les études scientifiques sur la pressothérapie ?

La littérature scientifique consacrée à la pressothérapie dans le sport reste relativement limitée.⁴

La plupart des études portent sur de petits groupes de participants. Il est également difficile de comparer cette méthode à un véritable placebo, puisque le participant ressent nécessairement la compression exercée par les bottes.⁴

Deux études illustrent bien cette tendance :

  • Chez des ultra-traileurs (Hoffman et al., 2016) : après une course de 161 km, une séance de 20 minutes de pressothérapie n’a pas permis de réduire plus rapidement la douleur ni de retrouver plus vite ses capacités musculaires habituelles.⁵
  • Chez des cyclistes entraînés (Overmayer et Driller, 2018) : l’utilisation de la pressothérapie entre deux efforts intenses n’a pas amélioré la performance lors du second effort.⁶

D’autres travaux rapportent néanmoins une diminution de la douleur perçue ou de la sensation de fatigue.⁴

Voici ce que l’on peut retenir :

CritèreCe que montrent les études
Sensation de jambes lourdesAmélioration fréquemment rapportée
Courbatures perçuesEffet modeste, résultats variables
Marqueurs de dommages musculairesRésultats contradictoires
Performance le lendemainPas d’effet clairement démontré

En pratique : quelle place donner à la pressothérapie ?

La pressothérapie peut donc trouver sa place dans ta routine de récupération, à condition de lui donner sa juste place et de ne pas la considérer comme une solution miracle.

Les principaux piliers de la récupération physique restent :

  • Un sommeil suffisant et de qualité
  • Une alimentation adaptée, avec suffisamment de glucides et de protéines
  • Une bonne hydratation
  • Une charge d’entraînement bien dosée

Si ces bases sont solides, la pressothérapie peut apporter un plus en matière de confort.

Elle peut également avoir un intérêt esthétique temporaire en réduisant certains gonflements et en donnant à la peau un aspect plus lisse après une séance. En revanche, elle ne constitue en aucun cas une méthode d’amincissement.

Comment utiliser intelligemment la pressothérapie ?

  • Réserve-la de préférence aux séances les plus éprouvantes, comme une sortie longue, une compétition ou un bloc d’entraînement intense.
  • Compte environ 20 à 30 minutes par séance, avec une compression modérée.⁴
  • Tu peux également l’envisager autour des périodes où tu restes longtemps immobile, sous réserve que ta situation ne présente pas de risque particulier.
  • À la maison, inutile de chercher la pression maximale : le réglage doit avant tout rester confortable et adapté à ton usage.

Quelques précautions s’imposent avant de te lancer

La pressothérapie n’est pas adaptée à toutes les situations. Elle est notamment déconseillée en cas de phlébite en cours, d’insuffisance cardiaque, d’infection ou de plaie au niveau des jambes, ainsi que dans certains troubles de la circulation artérielle.

Si tu présentes une maladie cardiovasculaire, un problème circulatoire important ou une situation médicale particulière, demande conseil à un professionnel de santé avant de l’utiliser.³

Références et sources scientifiques

  1. Schwahn-Schreiber C. et al. (2018). S1 guideline on intermittent pneumatic compression (IPC). Hautarzt, 69(8), 662 à 673. → Recommandation consacrée aux indications et à l’utilisation de la compression pneumatique intermittente, notamment pour les œdèmes, certaines pathologies veineuses et la prévention thromboembolique.
  2. Executive Committee of the International Society of Lymphology (2023). The Diagnosis and Treatment of Peripheral Lymphedema: 2023 Consensus Document of The International Society of Lymphology. Lymphology, 56(4), 133 à 151. → Consensus international sur le diagnostic et la prise en charge du lymphœdème périphérique.
  3. Rabe E. et al. (2020). Risks and contraindications of medical compression treatment: A critical reappraisal. An international consensus statement. Phlebology, 35(7), 447 à 460. → Consensus international sur les risques, précautions et contre-indications associés aux différentes techniques de compression médicale.
  4. Maia F. et al. (2024). Effects of lower-limb intermittent pneumatic compression on sports recovery: A systematic review and meta-analysis. Biology of Sport, 41(4), 263 à 275. → Revue systématique et méta-analyse de 17 études portant sur les effets de la compression pneumatique intermittente sur la récupération sportive, les courbatures, la fonction musculaire et les marqueurs de dommages musculaires.
  5. Hoffman M.D. et al. (2016). A Randomized Controlled Trial of Massage and Pneumatic Compression for Ultramarathon Recovery. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 46(5), 320 à 326. → Essai contrôlé randomisé étudiant les effets d’une séance de compression pneumatique après un ultra-trail de 161 km.
  6. Overmayer R.G., Driller M.W. (2018). Pneumatic Compression Fails to Improve Performance Recovery in Trained Cyclists. International Journal of Sports Physiology and Performance, 13(4), 490 à 495. → Essai croisé chez des cyclistes entraînés évaluant les effets de la compression pneumatique entre deux efforts sur la récupération et la performance.
  7. Schwane J.A. et al. (1983). Is Lactic Acid Related to Delayed-Onset Muscle Soreness? The Physician and Sportsmedicine, 11(3), 124 à 131. → Étude expérimentale montrant que l’accumulation de lactate après l’effort n’explique pas les courbatures musculaires retardées.

Cet article vous a aidé ?

Votre note nous aide à améliorer nos contenus.

Chargement de la note…

L'auteur

Portrait de Valentin Coutaz, fondateur du Recov Club

Valentin Coutaz

Fondateur du Recov Club • Sportif amateur

Passionné de sport et d’outdoor, j’ai découvert l’importance cruciale de la récupération après des années d’entraînement. Je partage des conseils appuyés par la science et testés sur le terrain pour aider tous les sportifs à mieux récupérer et à progresser intelligemment.

En savoir plus sur moi

En apprendre plus sur la pressothérapie